Denise Gautier dit St-Germain

1679 - 1749

 

Denise était l'aînée des enfants de Germain Gauthier et de Jeanne Beauchamp. Elle vit le jour à Repentigny où demeuraient ses parents. Son acte de baptême n'apparaît pas au registre de cette paroisse non plus qu'à celle de la Pointe-aux-Trembles. de 1670, année de la fondation de Repentigny jusqu'à 1687 ou environ, le territoire en fut généralement desservi par un missionnaire, celui de Boucherville au début, et ensuite, celui de Lachenaie. L'acte de baptême de Denise fut-il comme maints autres à cette époque,  « victime » des circonstances, i.e. perdu ou simplement omis par oubli?

Son nom toutefois figure avec celui de ses parents au Recensement de 1681. C’est le premier document qui permet de savoir l’année de sa naissance. On y énumère en effet parmi les habitants de cette seigneurie, 

« Germain Gauthier 34; Jeanne Beauchamp sa femme, 20; Denise, leur fille 2; 2 fusils, 4 bêtes à cornes; 11 arpents en valeur. » 

Denise avait cinq ans lorsque en 1687, ses parents quittèrent Repentigny pour aller demeurer à Boucherville. On sait que la Bienheureuse Marguerite Bourgeois elle-même, et ce probablement dès 1668, donna à Boucherville les premières leçons de l`instruction primaire. Ses sœurs continuèrent ensuite plusieurs années à y venir pendant l’été faire l’école aux petites filles. Denise fut vraisemblablement du nombre de leurs élèves; elle savait bien signer son nom comme le prouvent les actes notariés auxquelles elle fut partie. Ce n’était pas le cas de ses deux frères cadets Jean et Pierre.

 

Denise Gauthier avait vingt-et-un ans lorsque le 8 novembre 1700, elle épousa à Boucherville Philippe Payet dit St-Amour de la Pointe-aux-Trembles. Leur acte de mariage est consigné en ces termes au registre de la paroisse de la Ste-Famille :

 

« Le 8 Nov 1700, après la publication des trois bans ordinaires faites aux messes paroissiales des églises de la Pte aux Trembles et de Boucherville le 31 oct Et le premier et le 9 nov 1700 –auxquels ils ne s’est trouvé aucun empêchement ai marié Philippe Payet, âgé de 28 ans, fils de Pierre Payet dit St-Amour et de Louise Texier habitants de la Pointe au Tremble de Montréal avec Denise Gaultier âgée de 21 ans fille de Germain Gaultier et de Jeanne Beauchamp, habitants de Boucherville et leur ai donné la bénédiction nuptiale en présence des pères et mères des époux et de Nicolas Gervaise et de Pierre Couturier parents et amis des époux qui ont signé avec l`épouse »

 

signé                                  R. de la Saudraye

Nicolas Gervaise           

Dense Gautié                       P. Couturier

 

(Signature de Denise à son mariage.)

 

La veille,   « le 9 nov après-midy, en la Cotte St.Joseph, en la maison de Jermain gautier, pardevant Marien Tailhandier, notaire de la terre et seigneurie de Boucherville » les futurs époux avaient passé contrat de mariage en présence de leurs pères et mères respectifs et de leurs proches assemblés à cette fin. Les contractants s’unissaient sous le régime de la communauté de biens selon la coutume de Paris alors suivie en ce pays. Chacun, au cas où il n’y aurait pas d’enfant né de son mariage faisait son conjoint bénéficiaire usufruitier de tous les biens meubles et immeubles lui appartenant à son décès, à la mort du dernier vivant les biens devant retourner pour une moitié aux héritiers de Philippe Payet et pour l’autre moitié, à ceux de Denise Gauthier (M. Tailhandier, 7-11-1700).

 

À noter parmi les témoins tant à la bénédiction nuptiale qu’à la signature du contrat de mariage, Nicolas Gervaise et Pierre Couturier. Tous deux étaient des beaux-frères de Philippe Payet comme ayant épousé, le premier, Madeleine et le second Marguerite Payet. Pierre Couturier, maître-maçon bien connu, a construit le Château de Ramezay et l’église de Boucherville.

 

Cinq mois avant son mariage, Philippe Payette s’était vu concéder par le Séminaire de Québec, une terre de 3 arpents de large x 20 de profondeur située dans l’Île Jésus et tenant sur le devant à la Rivière des Prairies (G. Raimbaut, 20-6-1700).

 

C’est donc à St-François de Sales que s’établit le jeune couple. Le registre de cette paroisse en témoigne. Le 28 avril 1702, il y est fait mention du baptême d’Agathe Payette, leur fille qui ne devait guère vivre plus d’un an. On lit en effet, dans le registre de la Pointe aux Trembles que :

 

« L’an 1703 et le second du mois de juillet a Esté enterée agathe fille de Philip payet et de Denise St-Germain, sa femme de la paroisse de l’île jésus : plusieurs y ont assisté »

 

sign.                   B. Sicart

                                    N. Senet

                                    B. Roche, curé

 

Si pénible que peut être pour Denise Gauthier la perte de cet enfant, une épreuve bien plus grande encore fondit en même temps sur elle. Après moins de trois ans de mariage et huit jours seulement après le décès de sa petite fille, elle avait la douleur de perdre son mari. Le même registre de la Pointe aux Trembles l’atteste en ces termes :

 

« L’an 1703 et le 10e du mois de juillet a Esté Enterré philip payet dit St.Amour habitant de l’ile jesus par moy B. Roche faisant les fonctions curiales , plusieurs personnes y ont assisté »

 

signé                  Beaudry

                                    N. Senet

                                    B. Roche, curé

 

Denise Gauthier se trouvait donc veuve et sans enfant moins de trois ans après son mariage. Sa vie allait, de ce fait, prendre une orientation bien différente de celle qu’elle avait prévue. Par son contrat de mariage avec Philippe Payette, elle s’était vu garantir, sa vie durant, advenant le prédécès de son mari, l’usufruit de la part de celui-ci des biens de leur communauté. Ce ne pouvait être qu’un très modeste revenu et subordonné à la mise en valeur de la terre de St-François. Il ressort d’un accord conclu entre Louise Tessier et ses enfants (N. Senet, 10-2-1719) que l`un de ceux-ci, Pierre, le junior, avait acheté de Denise Gauthier, sa belle-sœur, sa moitié de la concession de l’Île Jésus ainsi que ses droits usufruitiers sur l’autre moitié qu’il avait également acquise de ses frères et sœurs héritiers chacun pour leur part du défunt Philippe. Quand cette transaction avait-elle eu lieu? L’accord de 1719 ne le dit pas mais mentionne qu’elle eut lieu devant Me Antoine Adhémar…L’acte toutefois ne se trouve pas dans son minutier…

 

Un autre document qui se trouve au minutier du notaire Loiseau, conduit aux mêmes conclusions. Il s’agit d’une quittance :

 

« par laquelle Denise Gautier, Vve de défunt Philippe Payet…a reconnu avoir reçu cinquante livres en cartes bonnes et ayant cours et soixante-quinze livres avant les présentes, de Pierre Payet son beau-frère demeurant à l’Île Jésus pour la somme de cinquante livres, reste vingt-cinq livres que led Payet promet payer dans le mois de février venant de 1736 sans préjudice à la rente que led Payet doit à ladite Gauthier suivant une pension que led Payet lui fait pendant sa vie pour une terre appartenant du défunt Philippe Payet… » (A. Loiseau, 4-2-1735)

 

Cette rente viagère ainsi que le fruit de la vente de sa moitié de la concession de l’Île Jésus et sa part de l’héritage de ses père et mère lui permirent non seulement de subvenir à ses besoin, mais encore, d’être généreuse et charitable à l’occasion.

 

Le répertoire du notaire Antoine Adhémar fait mention en date du 14 juillet 1707 d’un

 

« délaissement par Denise Gauthier Vve Philippe Payet à son beau-frère et donation en avancement d’hoirie par Pierre Payet beau-frère en son nom et celui de sa femme à leur fils Pierre ».

 

Malheureusement, la pièce manque aux minutes.

 

Qu’advint-il de Denise Gauthier durant les premières années qui suivirent le décès de son mari? Il est fait mention d’elle un an après c’est-à-dire le 11 avril 1704 au registre paroissial de la Pointe-aux-Trembles alors qu’elle y fut marraine d’Angélique, fille de ses beaux-parents, Pierre Payette et Louise Tessier ce qui peut laisser croire qu’elle vécut quelques temps avec eux. Ensuite, c’est à Boucherville qu’on la retrouve le 20 septembre 1708  elle y est présente à la signature du contrat de mariage de sa sœur Marie-Françoise avec Pierre Botquin et le 23 oct. 1709, elle est marraine de François Denoyon fils de Jacques et de Marguerite Stébenne, habitant comme ses parents de la Côte St-Joseph. L’acte précise que la marraine demeurait à Boucherville. Selon toute vraisemblance, c’est en 1708 qu’elle y revint pour demeurer chez ses parents. Françoise, sa sœur cadette, en se mariant au mois de septembre de cette année-là, laissait sa mère seule pour vaquer à l’entretien de la famille. Il y avait encore à la maison paternelle, outre son père et sa mère, cinq enfants âgés respectivement de 17, 12, 9, 7 et 4 ans. D’autre part, il est bien possible que la santé de Jeanne Beauchamp, sa mère, ait commencée à décliner vers ce temps-là–elle devait mourir deux ans plus tard. On comprends que dans ces conjonctures, Denise dût être accueillie à bras ouvert. Le reste de sa vie, soit une période de quarante ans sera consacré au service des siens.

 

Après le décès de sa mère qui survint en 1711, elle assuma seule la charge de la maison et le soin des plus jeunes enfants, d’abord un an à la Côte St-Joseph, puis à compter de l’automne de 1712, au village de Boucherville, rue Notre-Dame où son père s’était retiré et où il mourut en 1719.

 

Au partage des biens de la succession de Germain Gauthier et de Jeanne Beauchamp, leurs enfants majeurs, notamment Jean et Pierre Botquin, tuteur et subrogé tuteur des mineurs du consentement de Pierre, de François et de Marie-Françoise s’entendirent pour vendre à Denise « qui y demeurait avec les mineurs » leur part respective de l’emplacement et de la petite maison de la rue Notre-Dame « pour le prix de cent cinquante Livres Et En considération des bons soins que ladite denise gautier a toujours Eut Et promet avoir pour lesd. Enfants mineurs ses frères et sœur… » (M. Tailhandier, 22-1-1720)

 

Le bourg de Boucherville pour important qu’il fût alors ne couvrait guère plus d’une douzaine d’arpents en superficie morcelée en une soixantaine d’emplacements d’inégale étendue et distribués sur six rangs ou « lignes » qui couraient parallèlement au fleuve depuis l’actuelle rue Lapierre au nord-est jusqu’à celle de Pierre Boucher au sud-ouest et s’étendait en profondeur aux approches de la rue St-Charles. La maison de Denise Gauthier, rue Notre-Dame était l’avant-dernière de la cinquième ligne, comme on le lit au Livre Terrier du Fief de Boucherville (8 août 1724) :

 

« …qu’au dessus est la veuve St-Amour qui possède un Emplacement de soixante-douze pieds en carré, chargé des mêmes cens et rentes sur lequel il y a maison, étable, cour et jardin. »

 

Denise passera le reste de ses jours dans cette humble demeure et c’est là qu’elle mourra. Cependant, elle n’en resta pas longtemps propriétaire. En 1724, sa plus jeune sœur Agnès épousait Jean-Baptiste Pinard et il est stipulé à leur contrat de mariage que :

 

« pour la considération que Denise Gautier a pour lesd. futurs époux: elle leur a fait donation pure et simple entre vifs, d’un emplacement situé dans le Bourg de Boucherville contenant 72 pieds de terre en carré où il y a une maison dessus pour, dud. Emplacement… jouir en toute propriété…lad donation faite à la charge des cens et droits seigneuriaux de ce jour à l’avenir et que la donatrice se réserve de demeurer avec eux et loger dans lad. Maison pendant son vivant sy bon luy semble et que Lesd. futurs époux payant la Somme de dix-huit Livres à Joseph Gauthier qui luy sont dues pour sa part dud Emplacement. Et si au cas lad. Donatrice ne s’accommoderait point avec les futurs époux, En ce cas ils s’obligent Luy faire faire une petite maison de 15 à 16 pieds en carré sur led. Emplacement Dont elle jouira avec la moitié du terrain pendant son vivant et après son décès, lad. Maison et led. Terrain qu’elle occupera retournera au donataires, car ainsy sont-ils convenus (1) » (M. Tailhandier, 3-9-1724)

 

Mise à part la quittance dont il vient d’être fait mention, les Archives sont ensuite muettes durant plus de vingt ans sur Denise Gauthier. On ne la retrouve qu’au temps où elle fit son testament le 6 mars 1749. En voici le texte in extenso :

 

« Pardevant Antoine Loiseau, notaire Royal de la juridiction Royalle de montréal résidant en la juridiction Seigneuriale de Boucherville soubsigné et témoins cybas nommez présente Denise gautier veuve de philippe payet et demeurant au bourg dud. Boucherville, laquelle saine desprit mémoire Et Entendement ainsy quil Est aparu aud notaire Et témoins soussigné par sa paroles libre juste et maintient Laquelle Estant malade dans son lit dans un cabinet qui donne dans la rue Ste-Famille Laquelle de sa bonne volonté sans suestion de personne a déclaré aud notaire présence des témoins que considérant l’incertitude de toutes choses Et principalement de la mort Et craignant d’en Estre prévenue Elle ne voudrait sortire de ce monde sans avoir disposé des biens quil a plu adieu de luy donner Et à Cette fin a fait et fait par les présents son testament Et ordonnance de dernière volonté quelle nomme et dicte aud notaire et témoin ainsy quil Ensuit : Au nom du père et du fils Et du St-Esprit. Premièrement Comme vrai crétienne et Catholique appostolique Et romaine a Recommandé et recommande son âme lorsque elle partira de son corps à dieu le père tout puissant Le suppliant par la mort de notre Seigneur jesus christ Et par lintercession de la Ste-Vierge et de St-Denis son patron et de tous les autres Saints et Saintes du paradis de la recevoir au nombre des biensheureux. Item. veut Et Entent lad. Testatrice que Ces dettes soit payé Et tores par Elle faits Ci aucun Ce trouvet réparez par l’exécuteur testamentaire cy-après nommez. Item donne et lègue lad testatrice Cinq livres pour Estre Aumoner aux pauvres de la paroisse de la Ste-Famille dud Boucherville qui seront mit Entre les mains de mr le curé de la aproisse Et au Citot après son décès. Item. Veut Et Entent lad testatrice que son corps soit Enterré dans le Semetierre avec un service sur son corps Et par cette Effait il sera pris sur ses biens Cens livres qui seront Employé pour son Enterrement et Service Et le Restant sera Employé pour lui faire dire Des messes basse de requieme pour le repos de son âme Et aussitôt après son décès. Item. Donne et lègue lad testatrice a aniesse gautier feme de Jean baptiste Pinard Cinquante Livres Et tous les meubles et hardes qui luy restera après son décès pour les bons services et paines quelle Luy a rendue Et luy rans actuellement Sans rien diminuer à ses prétentions En sadit succession Et à ligard de ses autres Biens lad testatrice les lessent pour Estre partagés Egalement Entre tous ses frères et sœurs y compris lad aniesse gautier Lad testatrice déclare quelle doit huit livres à jean gautier son frère, aussy lad testatrice donne lègue a yzabelle pinard sa nièce cinquante livres aussi pour les bons services quelle luy a biens rendüe Et luy rand actuellement Et lesd Cinquante livres aussi à Elle payée aussi tôt après son décès. Et pour exécuter le présent testament yceluy augmenter plus tôt que diminuer, lad testatrice a nommé Et nomme le Sr jacques le beau Et a faute dud Sr Lebeau le Sr pierre laporte habitant dud boucherville Laquelle les pris d’En prendre la paine Se demaitant et desaisisant et dévêtant diceux jusqu’à la concurance de l’entière Exécution de son testament Et yceluy augmenter plutôt que diminuer. Ce fut ainsy fait. Dicté nommé par lad. Testatrice présence dud notaire Et temoins sousigné pour Ce appelez Et en présence desquels ayant Esté leut et relut à lad testatrice par led notaire quelle a dit avoir bien compris ouit et Entendu que tel est son intention Et dernière volonté Et elle y a persisté Ce qui a Esté ainsy dicté fait et nomme En la maison dud Sr jean baptiste pinard avent midy Le septième jour de mars mil sept cent quarante-neuf En présence de martin Cerier menuisier Et du Sr pierre Bergeron marchand demeurant En ce bourg de boucherville A ce appelez témoin soussigné avec lad denise gautier testatrice et notaire de Ce interpellez après lecture faitee par eux deux foy suivant Lordonnance »

 

Sig.                     denise gautié

           p Bergeron             Martin Cirier

ALoiseau, Nre

 

 

Denise Gauthier vécut encore cinq mois après avoir mis ordre à ses affaires temporelles. Elle s’éteignit au début du mois d’août dans la maison où 30 ans plutôt elle avait fermé les yeux à son père et qui avait été le théâtre de sa piété filiale et de son dévouement fraternel. Elle fut inhumée dans le cimetière de Boucherville le 5 août 1749 en présence de ses frères Pierre et François. Elle était dans sa soixante-onzième année.

 

 

(1) Il semble que les Pinards aient effectivement construit une petite rallonge à la maison de la rue Notre-Dame comme on peut le déduire des premières lignes du testament de Denise. 

L'Association de généalogie des familles Gauthier est reconnaissante de la co-opération de Raymond Gauthier qui nous a gracieusement fourni le texte de cette historique de Denise Gauthier.

Ces quelques lignes de Raymond qualifie bien son ami Armand Gauthier :

« Membre émérite de la S.G.C.F., Armand Gauthier, 1898-1992, a été directeur des études à Arvida et professeur à l'Université Laval et à l'Université de Montréal.

J'ai connu monsieur Armand Gauthier en février 1988 lorsque qu'il résidait avec son épouse au Manoir de Cartierville, rue Grenet à Montréal. Je retiens de cet homme quelqu'un de fier et cultivé avec un beau parlé. Il était alors âgé de 90 ans. Nous avons passé plusieurs samedi après-midi à discuter de généalogie et autres sujets. Son épouse qui était paralysé depuis plusieurs années assistait toujours à ces rencontres. Comme il ne faisait plus de généalogie depuis quelques années, il m'a généreusement transmis l'histoire de notre ancêtre commun - Germain ainsi que celles de ses enfants. Je vous en souhaite une bonne lecture.
»

Raymond Gauthier de Montréal.
Membre #7405 S.G.C.F. / #2533 S.G.Q.

 

 

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